Ne doutant pas un instant que pour l’UMP, il s’agira toujours d’une
convergence « par le bas » !
S’agissant des seules retraites, j’avais lu en son temps sur plusieurs articles critiquant la dernière réforme que
dans aucun des pays qui avaient réformé leur
système de retraite pour tenir compte du vieillissement de la population, il n’y avait eu en même temps ET augmentation de l’âge de départ
ET augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour faire valider ses droits à la retraite… Seule la France - championne ès
réaction anti-sociale - a réussi ce double exploit.
Quant à la «
survie et au développement de la zone euro et de l’Europe communautaire », je vais très certainement me faire allumer par certains mais non seulement je n’ai rien à
secouer de cette Europe ultralibérale qui nous a fait déjà bien assez de mal, je ne verserais aucune larme si elles s’écrasent façon puzzle sur leur
« mur du çon » à moins qu’elles
ne fussent englouties par un gigantesque trou noir.
Pour parler de « convergence » encore faut-il comparer ce qui est
comparable.
Or, selon les fort intéressantes données fournies par Wikipédia, si l
’Allemagne et la
France sont
respectivement quatrième et cinquième puissances économiques mondiales, tout les sépare. L’Allemagne - qui s’est bien gardée de délocaliser son industrie ! - emploie 33 % de sa population
active (43,35 millions de personnes pour 82 millions d’habitants)
dans le secteur industriel. Elle est devenue la première
puissance exportatrice de biens - notamment des voitures, des machines et des produits chimiques - devant la Chine et les Etats-Unis. Sa balance des paiements est largement excédentaire (je
ne dispose pas de chiffres récents) ; le déficit public représentait 3,3 % du PIB en 2010 et le taux de chômage était de 6,1 % en juin 2011.
En France,
les activités de service sont devenues majoritaires : le secteur tertiaire employant 77,6 % de
la population active (28,1 millions de personnes pour un peu plus de 66 millions d’habitants) alors que
la part de l’industrie ne
représente plus que 14,9 % de la population active en 2009 (
chiffres de l’Insee)
contre 20,4 % en 1999... L’on constate aisément la dégradation du secteur industriel en 10 ans : résultat de la
mondialisation et des délocalisations. Le résultat en matières d'indicateurs économiques n'est donc nullement surprenant : la balance commerciale est en déficit permanent depuis
2004 et ne cesse de dépasser de (tristes) records mois après mois ; le déficit public atteignait 7 % du PIB en 2010 et l'on sait qu'il n'a cessé d'augmenter depuis (résultat de la désastreuse
politique de Sarkozy qui l'aggrave encore : prêts à la Grèce, intervention militaire en Libye, etc.) et quant au taux de chômage, il était de 9,7 % en juin 2011 et a encore fortement augmenté
depuis...
S’agissant de la sidérurgie et notamment de la production d’acier ; bien que marginale eu égard aux grands pays producteurs - Chine, Etats-Unis, Japon - l’Allemagne se classe au 6e rang des
producteurs mondiaux avec 47,2 millions de tonnes et de surcroît avec une croissance de la production de l’ordre de 6 % entre 2002 et 2006 : bref, les gouvernements allemands qu’ils fussent
de gauche - Gerhard Schröder - ou de droite - Angela Merkel - se sont bien gardés de brader la sidérurgie allemande.
Or, et je ne cesserais de le répéter tant c’est important :
un pays sans industrie est un
pays économiquement fichu. Disparaissent avec les usines non seulement la production de biens qu’il faut importer - déséquilibre de la balance des paiements, laquelle atteint
des sommets en France depuis bien avant 2007 et qu’il faut bien financer, d’où des emprunts sur les marchés financiers dont nous sommes encore plus captifs - mais également les seuls emplois
ouvriers réellement qualifiés qui étaient naguère bien rémunérés en France. Economiquement fichu également parce que les activités du secteur tertiaire - commerce, services, etc. - sont
nettement plus tributaires de la conjoncture économique et pour la plupart, non exportables.